La radiographie orbitale aux rayons X, qu’il s’agisse de radiographie simple ou de tomodensitométrie, est couramment pratiquée sur des patients ophtalmiques ayant des antécédents d’exposition à des particules à grande vitesse et une IOFB suspectée ou cliniquement visible. La sensibilité des rayons X orbitaux simples dans ces cas a fait l’objet d’études dans le passé, des rapports précédents indiquant que des corps étrangers radio-opaques sont détectés par radiographie aux rayons X simples dans 70 à 90% des cas.2, 4 À noter, l’incapacité des rayons X simples à détecter un IOFB est un phénomène bien reconnu et reflète les tailles, les compositions et les emplacements variables des IOFB.5, 6, 7

Fait intéressant, 87% des radiographies orbitales simples entreprises dans cette étude ont été réalisées en l’absence de pénétration oculaire cliniquement évidente, avec un rendement de 0 (0%), conforme à un rapport antérieur de Bray et Griffith.2 Des 27 radiographies orbitales à rayons X simples (13 %) réalisées chez des patients présentant une pénétration oculaire cliniquement évidente après une exposition à des particules à grande vitesse, 19 (70 %) présentaient un IOFB cliniquement visible. Dans ces cas, les résultats cliniques ont donc été simplement confirmés par une radiographie orbitale à rayons X simples, et la contribution à la prise en charge de ces cas par une telle imagerie repose sur sa valeur documentaire et sur sa capacité à exclure plusieurs IOFB. De plus, dans huit cas de pénétration oculaire cliniquement confirmée à la suite d’une exposition à des particules à grande vitesse, en l’absence d’une IOFB cliniquement visible, une radiographie orbitale à rayons X simples a fourni au clinicien des preuves radiologiques d’une IOFB dans sept cas (87%).

Des rapports antérieurs ont montré que l’imagerie orbitale par tomodensitométrie est supérieure à la radiographie orbitale orbitale à rayons X simples pour la détection et la localisation des IOFB, bien que la tomodensitométrie soit associée à une plus grande exposition au rayonnement que la radiographie par rayons X simples.8, 9, 10 Contrairement à la radiographie orbitale aux rayons X, la majorité (12; 57%) des tomodensitogrammes orbitaux de notre étude ont été effectués sur des patients présentant une pénétration oculaire cliniquement évidente. Cependant, cinq (42%) de ces cas présentaient une IOFB cliniquement visible et une confirmation radiologique de l’IOFB sur des rayons X simples de l’orbite. Dans ces cas, plusieurs corps étrangers n’étaient pas évidents sur les radiographies orbitales à rayons X simples, et la valeur des images CT dans ce contexte est donc discutable, étant donné que la localisation de l’IOFB a été obtenue cliniquement.

Comme pour la radiographie orbitale aux rayons X, les résultats de la tomodensitométrie étaient bien corrélés aux résultats cliniques, en ce sens que toutes les images orbitales de tomodensitométrie réalisées sur des yeux exposés à des particules à grande vitesse avec une pénétration oculaire cliniquement évidente, qu’un IOFB soit cliniquement visible ou non, ont fourni des preuves radiologiques d’un IOFB, alors qu’aucun scanner effectué en l’absence de pénétration oculaire cliniquement évidente après une exposition à des particules à grande vitesse n’a montré de preuves radiologiques d’un IOFB.

Les lignes directrices du RCR du MBUR stipulent que l’imagerie par tomodensitométrie ne doit être entreprise que lorsque la radiographie orbitale à rayons X ordinaire précédente ne montre pas un corps étranger fortement suspecté, qui peut ne pas être métallique, lorsqu’il y a plusieurs corps étrangers ou lorsqu’il n’est pas certain qu’un corps étranger déjà démontré soit intraoculaire.1 Notre expérience suggère que, lorsqu’il existe des preuves cliniques de pénétration oculaire mais qu’une IOFB n’est pas cliniquement visible, une imagerie par tomodensitométrie serait nécessaire quel que soit le résultat de la radiographie orbitale à rayons X ordinaire précédente. Il en est ainsi pour deux raisons. Tout d’abord, l’imagerie par tomodensitométrie permettrait d’identifier un IOFB qui aurait pu passer inaperçu sur une radiographie orbitale simple. Deuxièmement, lorsqu’une IOFB est démontrée sur la radiographie orbitale à rayons X, une imagerie par tomodensitométrie serait nécessaire pour sa localisation précise.

On pourrait soutenir que la radiographie orbitale à rayons X simples avant l’imagerie par tomodensitométrie sert de guide au radiologue pour savoir si des sections de tomodensitométrie de 3 ou 6 mm d’épaisseur doivent être prises. Des balayages de six millimètres, qui sont associés à un dosage de rayonnement inférieur à celui des balayages de 3 mm, suffiraient à détecter et à localiser un IOFB visible sur la radiographie orbitale à rayons X ordinaire.8 Les scanners tomodensitométriques modernes (tomodensitométrie multidétecteur (TCM)) excluent la nécessité de telles mesures en raison de leur capacité à obtenir des scanners beaucoup plus fins (jusqu’à 1 mm) avec une exposition aux rayonnements beaucoup moins importante que les scanners conventionnels.11, 12 La charge logistique d’organiser une radiographie orbitale à rayons X simples pré-tomodensitométrie et de faire examiner de telles images peut nuire à la prise en charge rapide des patients, en particulier dans des unités dédiées aux yeux qui peuvent être éloignées des services radiologiques.

Inversement, lorsqu’une IOFB métallique est cliniquement visible, une radiographie orbitale à rayons X sans imagerie orbitale CT ultérieure peut servir à s’assurer que plusieurs IOFB ne sont pas présents. Cependant, en présence d’un historique fiable qui exclut plusieurs IOFB, la valeur d’une telle imagerie est discutable.

En conclusion, un examen ophtalmique approfondi, avec une attention particulière portée à la probabilité de pénétration oculaire, et comprenant une gonioscopie (le cas échéant) et une fundoscopie dilatée détaillée reste le pilier de la prise en charge des patients ophtalmiques exposés à des particules à haute vitesse. Les résultats de cette série confirment les conclusions d’autres auteurs2 selon lesquelles les patients sans preuve clinique de pénétration oculaire n’ont pas besoin de subir d’imagerie orbitale d’aucune sorte. Cependant, une telle recommandation ne s’applique qu’aux patients exposés à des particules à haute vitesse dans un passé récent, où les preuves cliniques de pénétration oculaire (par exemple une hémorragie sous-conjonctivale) ne sont pas susceptibles de s’être résolues. Lorsqu’une IOFB métallique est cliniquement visible, une radiographie orbitale à rayons X sans imagerie orbitale CT ultérieure peut être nécessaire pour s’assurer que plusieurs IOFB ne sont pas présents, avant de procéder à la chirurgie (figure 1). Étant donné qu’en aucun cas les rayons X simples de l’orbite n’ont détecté un IOFB qui n’a pas été détecté lors d’une imagerie CT subséquente, et que la détection d’un IOFB par radiographie aux rayons X simples ne contribue pas au processus décisionnel en ce qui concerne le passage à l’imagerie CT lorsqu’il y a une pénétration oculaire cliniquement évidente mais qu’un IOFB n’est pas cliniquement visible, il semblerait que les directives d’imagerie standard du RCR doivent être modifiées en ce qui concerne la stipulation que l’imagerie CT doit être précédée d’une radiographie orbitale aux rayons X simples.1 Enfin, si une IOFB non radio-opaque est toujours fortement suspectée après une imagerie par tomodensitométrie négative, d’autres modalités d’imagerie telles que l’échographie oculaire ou l’imagerie par résonance magnétique peuvent devoir être envisagées.4, 13, 14

Figure 1
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Diagramme de flux de la voie de radiographie orbitale proposée par rayons X (rayons X simples et / ou imagerie par tomodensitométrie) dans les cas et les cas suspects de corps étranger intraoculaire (IOFB).

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